Vous prenez des risques. Lâcher un bélier
au Portugal, comme d'ailleurs dans n'importe quel environnement
dont il ne maîtrise pas tout,
c'est comme lâcher un taureau dans une arène.
"Où est le torero ? ", semblera-t-il s'exclamer
à chaque instant !
Action d'abord, réflexion après.
C'est sa devise.
Regardez-le, impatient, cherchant en vain le plus infime intérêt à vagabonder des heures durant,
à travers les plaines fleuries de l'Alentejo à
peine bourgeonnées par un printemps qui s'annonce
coloré. Très peu pour lui.
Ou alors,
conviez-le, au cas où le
cheval soit son "dada",
à une
randonnée équestre
à travers cette belle région
portugaise. Là, il daignera
peut-être vous remercier pour
l'heureuse initiative, et il reviendra
certainement ravi de son séjour.
Le Bélier est enflammé. La sobriété,
il ne connaît pas. Prêt à exploser pour un
rien suivant le niveau de son humeur du jour, il ronchonnera
au moindre travers qu'un restaurateur étourdi lui
ferait subir. Ne l'emmenez surtout pas dans une petite tasca
sympathique (restaurant typique et bon marché), où l'ambiance est certes typique, mais où
la cuisine ou le service serait approximatif. Non pas qu'il
soit spécialement d'office un fin gourmet, mais parce qu'il a besoin
de certitude et de repères.
C'est les vacances ? M'en fous ! C'est
pas une raison pour se laisser faire. Et au fond, a-t-il tort
?
Lunatique, il n'appréciera généralement
le Portugal que moyennement. Pourquoi ? Parce qu'entre le
tout et le rien, il ne pourra qu'octroyer une note moyenne
à l'ensemble de ce qu'il verra.
Ce n'est
donc pas à priori la personne
idéale à qui faire
découvrir le Portugal, sauf
si vous respectez tous les conseils
de cette section. Et encore...
Il faut
sans cesse occuper un Bélier,
ou du moins ses yeux et son esprit. IL
faut lui donner l'impression qu'il
bouge en permanence. Pas de
répit en vue, sous peine
de déception.
A lisbonne, emmenez-le voir ou mieux encore,
traverser le
pont Vasco de Gama entre Lisbonne et la côte sud
(Costa Azul).
Ca l'épatera. Mais prenez bien soin de rouler à
la vitesse maximum autorisée. En somme foncez. Trainasser
à faire du shopping, n'est pas son truc, d'autant
plus que sur le pont, point de shopping il n'y a ! :-)
Pendant
la traversée, ne vous
apesentissez pas sur l'exceptionnelle luminosité
que le soleil engendre sur le magnifique estuaire du Tage.
Le Bélier n'est, ni un rêveur ni un prêteur. Il ne
vous prêterait donc l'oreille qu'en apparence.
Distrayez-le pendant la traversée.
Donnez une hauteur à vos commentaires, ce qui
rehaussera l'intérêt de cette traversée. Cela
lui permettra en fait surtout de replacer ce savoir vite acquis lors d'un
dîner entre amis.
Le Pont Vasco de Gama ? Un immense serpent
de 17 km. Même les américains en sont babas.
Si, si, insistez bien. :-) L'estuaire du Tage ? Le plus
grand estuaire d'europe. Carrément. On appelle cet
estuaire la mer de paille, à cause des reflets que
le soleil donne à l'eau à certaines heures
de la journée. Et hop, il met cela dans un coin de
son encyclopédie cérébrale très sélective,
et sera ravi de cette expérience.
Un autre
alternative consiste à lui
faire traverser le
pont du 25 avril.
L'originalité de ce pont
demeuré des années
durant le plus grand pont d'Europe,
ainsi que la vue originale de Lisbonne
qu'il offre, ne manqueront pas de
l'étonner. D'autant plus
que sur une des voies, vous roulez
sur une sorte de grillage métallique
qui vous permet de voir le vide,
donc les eaux du tage.
Bon, et après, qu'est-ce qu'on
fait, vous dira-t-il déjà trépignant
?
Au fait,
un conseil en passant : un bélier
a toujours raison. Il en
est toujours convaincu, du moins
jusqu'à ce qu'il pense le
contraire de son affirmation initiale.
Ne le contrariez donc surtout pas. Laissez
faire le temps :-)
Surprenez-le. Mais ne le surprenez pas
en l'emmenant au hasard ou de façon improvisée,
dans un lieu qui vous semble adéquat.
Au contraire, avec lui, planifiez tout du début à
la fin, mais en le surprenant dans-le dans les choix que vous ferez.
Chaque jour doit être écrit d'avance. Choisissez des lieux et des activités qui l'épateront.
Car un bélier épaté gardera pour lui
ses commentaires ou critiques, et vous fichera une paix
royale, sans systématiquement critiquer vos choix.
De plus, n'oubliez pas le proverbe
: "Bélier épaté,
caquet rabaissé". :-)
Ne le laissez pas s'ennuyer. Elaborez
un emploi du temps. N'allez surtout pas l'emmener sur une
plage à se dorer pendant des heures, il ne supporterait
pas, et regretterait l'argent dépensé pour
le voyage. Il se dira qu'il aurait mieux fait d'aller passer
ses vacances à la plage fluviale de Saint-Albin en
Vexin, à cent kilomètres de chez lui.
Si vraiment
vous souhaitez le faire lézarder
quelques heures au soleil, prenez
bien soin de lui dire au préalable
qu'il a une petite mine et qu'un
peu d'exposition au soleil lui ferait
le plus grand bien. Dans ce cas,
il sera même demandeur, car
il a souvent horreur de déplaire.
Ne traînez pas au lit le matin. Pas de
grasse matinée avec un bélier. C'est rigoureusement
interdit sous peine de le rendre de mauvaise humeur pour
la journée.
A travers
le Portugal, faites-le visiter des
endroits réellement caractéristiques
en tenant bien sûr compte
de ses goûts. Si vous vous
lancez dans l'approximatif, vous
le transformerez en râleur
permanent pendant tout le séjour,
ou au mieux, dès sa rentrée
en France, il ne manquera pas de
faire une publicité exécrable
pour ce pays dans lequel vous l'avez
gentiment invité.
Au nord,
emmenez-le
à Vila Nova de Gaia, face
à Porto, visiter les caves.
Faites une visite
planifiée de Porto.
Souvenez-vous, surtout pas d'improvisation
avec un Bélier.
Emmenez-le voir
rapidement la vallée du Douro,
(pourquoi pas en train), visiter
la vallée du foz du Côa
qui est le plus grand musée
préhistorique en plein air
du monde, voir vite fait le point
culminant du Portugal, (Serra
da estrela), et tant
qu'à faire, en étant
sur place, faire du ski même
en plein été toute
une après-midi au squiparque
(piste
de ski, synthétique en plein
air), ce qui pour lui aura sans
aucun doute le parfum de l'originalité.
Laissez
de côté les visites
du patrimoine portugais. Dieu sait
s'il est riche, mais il ne l'intéressera
que moyennement, sauf si sa culture
lui a appris à réellement
apprécier ces trésors.
Pour le savoir, testez-le d'abord.
Montrez-lui le Monastère
de Batalha. En fonction de sa réaction,
vous saurez à quoi vous en
tenir.
Oubliez
les villages historiques, vous le
mettriez dans l'embarras. Les vieilles
pierres et les maisons "séculaires
délabrées", le
laisseraient indifférent
en ayant l'impression d'une perte
de temps. Oubliez de même,
la visite de villages fortifiés
caractéristiques, tels Brangança
ou mieux Obidos, sauf si vous le
sentez d'une humeur vagabonde. Cela
arrive parfois avec un Bélier
sans que l'on sache vraiment pourquoi.
:-)
La
région côtière
centrale ne lui conviendra pas.
A la rigueur une rapide visite de
Aveiro, histoire d'y faire un peu
de vélo
dans les rues piétonnes,
mais n'insistez pas trop. Quant
au reste de la côte, de Aveiro
à Lisbonne, ce n'est à
priori pas pour lui.
L'Alentejo,
nous l'avons vu, est à proscrire
pour lui, sauf dans certaines conditions.